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Plus-values immobilières
Par Me Marc Uzan, avocat fiscaliste à Paris
Plus-value immobilière : comment est-elle calculée, imposée et optimisée ?
Avocat fiscaliste à Paris – calcul, exonérations et défense en cas de contrôle fiscal

Résumé
- Base imposable : en règle générale, différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition, majoré des frais d’acquisition et des travaux (réels ou forfaitaires).
- Taux : en principe, 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 %, plus une surtaxe de 2 % à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value imposable.
- Durée de détention : en principe, exonération d’impôt sur le revenu après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans.
- Exonérations : sous conditions, résidence principale, première cession d’un autre logement avec remploi, prix de cession inférieur ou égal à 15 000 €, certains retraités et invalides.
- Déclaration : le notaire calcule, déclare (formulaire 2048-IMM) et paie l’impôt lors de la vente ; l’administration peut contrôler ce calcul.
Qu’est-ce qu’une plus-value immobilière imposable ?
La plus-value immobilière est le gain réalisé lorsque vous vendez un bien immobilier plus cher que son prix d’achat ou sa valeur d’entrée dans votre patrimoine. Elle concerne les particuliers qui cèdent un bien bâti ou non bâti, directement ou par l’intermédiaire d’une société civile immobilière soumise à l’impôt sur le revenu.
Ce régime est prévu aux articles 150 U à 150 VH du Code général des impôts (CGI). Il est complexe et évolue régulièrement. Mon intervention commence par une analyse précise de votre situation patrimoniale et de l’opération envisagée.
Comment se calcule la plus-value immobilière ?
Le calcul part du prix de cession, diminué des frais supportés par le vendeur (diagnostics, commission d’agence à sa charge, etc.). On en retranche le prix d’acquisition, majoré :
- des frais d’acquisition : montant réel justifié ou forfait de 7,5 % du prix d’achat pour une acquisition à titre onéreux ;
- des dépenses de travaux : construction, agrandissement ou amélioration, sur factures, ou forfait de 15 % du prix d’achat si le bien est détenu depuis plus de cinq ans.
Pour un bien reçu par donation ou succession, le prix d’acquisition est en principe la valeur retenue pour le calcul des droits de mutation. Pour les locations meublées non professionnelles, les amortissements déduits doivent désormais, en principe, être réintégrés (cessions depuis le 15 février 2025, sauf exceptions).
Des travaux bien documentés augmentent donc, en principe, le prix de revient et réduisent l’impôt. Encore faut-il qu’ils soient éligibles et justifiés : c’est l’un des points les plus souvent rectifiés.
Quels sont les taux et les abattements pour durée de détention ?
La plus-value nette est en principe imposée à l’impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 19 % et aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. La hausse de CSG votée pour 2026 sur les revenus du capital ne s’applique en principe pas aux plus-values immobilières.
Des abattements réduisent la base imposable à partir de la sixième année de détention :
| Durée de détention | Impôt sur le revenu (19 %) | Prélèvements sociaux (17,2 %) |
|---|---|---|
| Jusqu’à 5 ans | Aucun abattement | Aucun abattement |
| De la 6e à la 21e année | 6 % par année | 1,65 % par année |
| 22e année révolue | 4 % : exonération totale | 1,60 % |
| De la 23e à la 30e année | Exonéré | 9 % par année : exonération totale après 30 ans |
Une surtaxe s’ajoute lorsque la plus-value imposable, après abattements, dépasse 50 000 €. Son taux progresse de 2 % à 6 % (article 1609 nonies G du CGI). Elle ne concerne en principe pas les terrains à bâtir.
Quelles ventes sont exonérées d’impôt sur la plus-value ?
- Résidence principale : exonération totale si le bien constitue votre résidence principale au jour de la cession (ou si la vente intervient dans un délai normal après votre départ).
- Première cession d’un logement autre que la résidence principale : exonération si vous n’avez pas été propriétaire de votre résidence principale au cours des quatre années précédentes et si vous réinvestissez le prix, dans les 24 mois, dans l’achat ou la construction de votre résidence principale, à hauteur de la somme remployée.
- Prix de cession inférieur ou égal à 15 000 €.
- Retraités et titulaires d’une carte d’invalidité aux revenus modestes, sous conditions de revenu fiscal de référence et de non-assujettissement à l’impôt sur la fortune immobilière.
- Non-résidents établis dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, pour la cession de leur ancienne résidence principale en France, dans la limite de 150 000 € de plus-value nette et sous conditions de délai.
- Expropriation, sous condition de remploi de l’indemnité.
Ces exonérations obéissent à des conditions strictes. Je vous aide à vérifier leur application et à réunir les justificatifs avant la signature.
Qui déclare et paie l’impôt sur la plus-value immobilière ?
Le notaire calcule la plus-value, dépose la déclaration n° 2048-IMM et verse l’impôt lors de l’enregistrement de l’acte, par prélèvement sur le prix de vente. Le montant de la plus-value nette doit ensuite, en principe, être reporté sur votre déclaration de revenus (formulaire 2042 C). Elle entre ainsi, en règle générale, dans votre revenu fiscal de référence.
Le calcul du notaire repose sur les éléments que vous lui fournissez. Une erreur sur les travaux, la durée de détention ou une exonération peut être relevée par l’administration pendant le délai de reprise, en principe jusqu’à la fin de la troisième année suivant celle de la vente (article L. 169 du Livre des procédures fiscales).
Contrôle fiscal sur une plus-value immobilière : quelle défense ?
Les plus-values immobilières sont régulièrement contrôlées. Les points sensibles sont connus : réalité de la résidence principale, justification des travaux, évaluation du bien, frais déduits.
- Phase de contrôle : je vous assiste dès la demande de renseignements ou la proposition de rectification et je prépare une réponse argumentée et documentée.
- Phase contentieuse : si le désaccord persiste, je forme la réclamation puis vous représente devant le tribunal administratif, de la rédaction des mémoires à l’audience.
Pour en savoir plus : page contrôle fiscal : se défendre.
Pourquoi faire appel à un avocat fiscaliste ?
- Avant la vente : vérification du calcul, des exonérations applicables et des justificatifs de travaux, pour limiter le risque d’erreur.
- Optimisation : choix du calendrier de cession au regard des abattements, analyse des dispositifs adaptés et des conséquences d’une détention via une société civile immobilière.
- Transmission : conseil sur la donation ou la transmission de biens porteurs de plus-values, en tenant compte de vos objectifs patrimoniaux et familiaux.
- Défense : assistance en cas de contrôle et représentation en contentieux fiscal.
- Accompagnement personnalisé et confidentiel : chaque situation est unique ; vos informations personnelles et financières sont protégées par le secret professionnel.
Pour étudier votre situation, vous pouvez prendre rendez-vous.
FAQ
Au bout de combien de temps une plus-value immobilière est-elle exonérée ?
Grâce aux abattements pour durée de détention, la plus-value est en principe exonérée d’impôt sur le revenu après 22 ans de détention et de prélèvements sociaux après 30 ans.
Entre 22 et 30 ans, en règle générale, seuls les prélèvements sociaux restent dus, sur une base réduite.
Puis-je déduire mes travaux sans factures ?
En principe, oui, si le bien est détenu depuis plus de cinq ans : un forfait de 15 % du prix d’acquisition peut alors être appliqué, sans justificatif.
Si vos dépenses réelles sont plus élevées, elles doivent en principe être justifiées par des factures d’entreprises. Les travaux d’entretien et de réparation courants ne sont, en règle générale, pas retenus.
La vente de ma résidence principale est-elle toujours exonérée ?
En principe oui, à condition que le bien soit votre résidence habituelle et effective au jour de la cession. Si vous avez déménagé, la vente doit en principe intervenir dans un délai normal et le bien ne doit pas avoir été loué ou occupé gratuitement entre-temps.
L’administration vérifie souvent la réalité de l’occupation : il est utile de conserver vos justificatifs (factures, avis de taxe d’habitation, courriers).
Que se passe-t-il si le notaire s’est trompé dans le calcul ?
Le vendeur reste en principe redevable de l’impôt. Si l’erreur est en sa défaveur, une réclamation peut en principe être déposée dans les délais légaux pour obtenir un remboursement.
Si elle est en sa faveur, l’administration peut rectifier l’imposition pendant le délai de reprise. Une analyse rapide permet d’apprécier la réponse la plus appropriée.
Glossaire
Prix de revient : prix d’acquisition majoré des frais d’acquisition et des travaux.
Abattement pour durée de détention : réduction de la plus-value imposable, croissante à partir de la sixième année de détention.
Surtaxe : taxe additionnelle de 2 % à 6 % sur les plus-values imposables supérieures à 50 000 €.
2048-IMM : déclaration de plus-value immobilière déposée par le notaire lors de la vente.
Délai de reprise : période pendant laquelle l’administration peut rectifier l’impôt.
Pour aller plus loin
- Articles 150 U à 150 VH du CGI : régime des plus-values immobilières des particuliers.
- Article 200 B du CGI : taux d’imposition de 19 %.
- Article 1609 nonies G du CGI : surtaxe sur les plus-values élevées.
- Article L. 169 du LPF : délai de reprise de l’administration.
- BOI-RFPI-PVI : doctrine administrative sur les plus-values immobilières (BOFiP).
- Formulaire n° 2048-IMM : déclaration des plus-values immobilières.
- Contentieux fiscal
- Bien immobilier à l’étranger
