Le barème de l’impôt sur le revenu détermine la part de vos revenus imposables prélevée au titre de l’impôt. Comprendre son fonctionnement permet notamment d’anticiper le montant de l’impôt et d’éviter une confusion fréquente entre taux marginal et taux moyen. Cet article examine le barème d’imposition en France en détail, avec un exemple chiffré.
En bref
- L’impôt sur le revenu est calculé selon un barème progressif à cinq tranches : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %.
- Chaque taux ne s’applique qu’à la fraction du revenu comprise dans sa tranche, et non à la totalité du revenu.
- Le barème s’applique au revenu net imposable divisé par le nombre de parts de quotient familial.
- Le taux moyen d’imposition (impôt ÷ revenu) est en général nettement inférieur au taux marginal, c’est-à-dire au taux de la tranche la plus haute atteinte.
- Les non-résidents imposables en France relèvent en principe du même barème, avec un taux minimum de 20 % ou 30 %, sauf application du taux moyen lorsqu’il est plus favorable.
Sommaire
Le barème d’imposition en France : comment ça marche ?
Le barème d’imposition en France est un système progressif : plus les revenus sont élevés, plus le pourcentage d’impôt appliqué est élevé. Le barème est divisé en plusieurs tranches, taxées à des taux différents.
Pour les revenus de 2025, imposés en 2026, le barème applicable à une part de quotient familial est le suivant :
| Fraction du revenu imposable (pour une part) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Ces tranches s’appliquent au revenu net imposable, c’est-à-dire au revenu après déduction de certaines charges et abattements (par exemple, pour un salaire, les cotisations sociales et l’abattement de 10 % pour frais professionnels, ou les frais réels), divisé par le nombre de parts de quotient familial : en règle générale, une part pour une personne seule, deux pour un couple marié ou pacsé, et des parts supplémentaires pour les enfants à charge. Les limites des tranches sont en général revalorisées chaque année par la loi de finances, en fonction de l’inflation, les taux restant inchangés.
Comment calculer votre taux d’imposition en France ?
Le calcul part du revenu net imposable, divisé par le nombre de parts. On applique à chaque fraction de ce revenu le taux de la tranche correspondante, puis on multiplie le résultat par le nombre de parts, dans la limite du plafonnement des effets du quotient familial.
Exemple : une personne seule (une part), dont le revenu net imposable de 2025 s’élève à 400 000 € :
| Fraction du revenu | Montant de la fraction | Taux | Impôt |
|---|---|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 11 600 € | 0 % | 0 € |
| De 11 601 € à 29 579 € | 17 979 € | 11 % | 1 977,69 € |
| De 29 580 € à 84 577 € | 54 998 € | 30 % | 16 499,40 € |
| De 84 578 € à 181 917 € | 97 340 € | 41 % | 39 909,40 € |
| De 181 918 € à 400 000 € | 218 083 € | 45 % | 98 137,35 € |
| Total | 400 000 € | — | 156 523,84 € |
L’impôt brut (avant décote, réductions et crédits d’impôt éventuels, et hors contribution exceptionnelle sur les hauts revenus) s’élève donc à environ 156 524 €. Le taux marginal d’imposition de cette personne, c’est-à-dire le taux de sa tranche la plus élevée, est de 45 % ; son taux moyen (156 524 € ÷ 400 000 €) est d’environ 39,1 %. Le pourcentage réellement payé sur l’ensemble du revenu est donc inférieur au taux de la tranche la plus haute atteinte.
Les particularités du barème d’imposition en France
L’impôt brut peut ensuite être diminué par la décote, qui allège les impôts les plus faibles, ainsi que par des réductions et crédits d’impôt liés à certaines dépenses, comme les dons à des associations ou l’emploi d’un salarié à domicile.
Les micro-entrepreneurs (auto-entrepreneurs) peuvent par ailleurs relever d’un régime d’imposition particulier, avec un abattement forfaitaire (régimes micro-BIC et micro-BNC) ou, sur option et sous conditions, le versement libératoire de l’impôt sur le revenu.
Enfin, certains revenus suivent des règles spécifiques : les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values de cession de valeurs mobilières) sont en principe soumis au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %, sauf option globale pour le barème, et les plus-values immobilières sont en principe imposées, après abattements éventuels, à un taux proportionnel de 19 %, dans les deux cas en plus des prélèvements sociaux.
Et pour un non-résident ?
Les non-résidents imposables en France sur leurs revenus de source française (par exemple les loyers d’un bien situé en France) relèvent en principe du même barème, mais avec un taux minimum d’imposition : 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu net imposable (revenus de 2025) et 30 % au-delà. Lorsque le taux moyen qui résulterait de l’application du barème à l’ensemble de leurs revenus, de source française et étrangère, est plus faible, ce taux moyen peut, sur demande et sous réserve de justificatifs, être appliqué à la place. La convention fiscale éventuellement applicable peut par ailleurs limiter les revenus que la France peut imposer.
FAQ
Quel pourcentage de ses revenus paie-t-on en impôt en France ?
Cela dépend du revenu net imposable et de la composition du foyer. Les taux du barème vont de 0 % à 45 %, mais chacun ne s’applique qu’à une fraction du revenu : le taux moyen réellement supporté est donc en général bien inférieur au taux de la tranche la plus haute. Dans l’exemple ci-dessus, une personne seule déclarant 400 000 € de revenu net imposable paie environ 39 % de ce revenu.
Passer dans une tranche supérieure fait-il baisser le revenu après impôt ?
En principe non : seule la fraction du revenu située dans la nouvelle tranche est imposée au taux plus élevé, de sorte que le revenu après impôt continue d’augmenter. Des effets de seuil peuvent toutefois exister pour d’autres dispositifs liés au revenu.
Le prélèvement à la source change-t-il le montant de l’impôt ?
En principe non : le prélèvement à la source est un mode de paiement de l’impôt, et non un impôt supplémentaire. L’impôt définitif est calculé l’année suivante, à partir de la déclaration de revenus, selon le barème ; une régularisation intervient ensuite, en plus ou en moins.
