3 rue Geoffroy-Marie 75009 Parismuzan@uzan-avocat.fr01 83 64 34 03

J’ai reçu une proposition de rectification, que faire ?

Par Me Marc Uzan | · mis à jour le | Contrôle fiscal (généralités) | 3 commentaires

Une proposition de rectification est le courrier par lequel l’administration fiscale expose les rectifications qu’elle envisage, leurs motifs et leurs conséquences financières : c’est l’annonce d’un possible redressement fiscal. Elle peut par exemple porter sur des revenus de source étrangère ou sur des comptes détenus à l’étranger.

Elle fait généralement suite à un contrôle sur pièces, à une vérification de comptabilité ou à un examen contradictoire de situation fiscale personnelle. Elle n’est pas une décision définitive : le contribuable peut l’accepter, présenter des observations ou, selon les cas, exercer différents recours. Chaque situation étant particulière, l’analyse d’un avocat permet en général de déterminer la réponse la plus appropriée.

En bref

  • Le contribuable dispose en principe de trente jours pour répondre, délai prorogé de trente jours sur simple demande présentée avant son expiration.
  • L’absence de réponse dans le délai vaut en principe acceptation tacite des rectifications.
  • Les observations du contribuable appellent une réponse motivée de l’administration.
  • Des recours existent : supérieur hiérarchique, interlocuteur départemental, commission départementale, demande de remise gracieuse des pénalités.
  • La régularité de la proposition elle-même (motivation, mentions obligatoires) mérite d’être examinée.

La vérification de la régularité de la proposition

Avant d’examiner le fond, il est en général utile de vérifier, idéalement avec un avocat, que la proposition respecte les règles prévues par le Livre des procédures fiscales (LPF). Elle doit notamment :

  • être motivée, en fait et en droit, de manière à permettre au contribuable de formuler ses observations : elle indique les faits relevés et les règles appliquées, les textes de loi étant en principe cités ; la jurisprudence n’a pas à l’être (article L57 du LPF) ;
  • indiquer la nature et le montant des rectifications envisagées, les droits supplémentaires et, le cas échéant, les pénalités, dont l’application doit elle-même être motivée ;
  • mentionner, à peine de nullité, que le contribuable a la faculté de se faire assister d’un conseil de son choix (article L54 B du LPF) ;
  • indiquer le délai de réponse dont dispose le contribuable.

L’absence de l’une de ces mentions peut, selon les circonstances, rendre la procédure irrégulière. Les principaux vices de procédure sont présentés dans l’article consacré aux vices de procédure en matière de contrôle fiscal.

Comment répondre à une proposition de rectification ?

Le contribuable dispose en principe de trente jours à compter de la réception de la proposition pour y répondre. Ce délai est prorogé de trente jours si le contribuable en fait la demande avant son expiration (article L57 du LPF). Ce temps peut être mis à profit pour réunir les éléments utiles à la réponse.

Il est aussi possible, pendant ce délai, de demander à rencontrer le vérificateur pour discuter des points litigieux. Selon les cas, de bons arguments peuvent conduire l’administration à abandonner tout ou partie des rectifications.

Trois situations peuvent ensuite se présenter.

Première situation : l’acceptation des rectifications

Lorsque l’erreur ou l’omission est avérée, il peut, selon les cas et après analyse avec un avocat, être préférable d’accepter tout ou partie des rectifications, plutôt que de prolonger un désaccord sans perspective sérieuse. Une demande de remise gracieuse des pénalités peut ensuite, dans certains cas, être présentée.

Après l’acceptation, l’administration met en recouvrement les impositions supplémentaires, qui font l’objet d’un avis d’imposition ou d’un avis de mise en recouvrement.

Deuxième situation : l’absence de réponse dans le délai

L’absence de réponse dans le délai de trente jours (soixante jours en cas de prorogation) vaut en principe acceptation tacite des rectifications. L’administration peut alors mettre en recouvrement les impositions et les pénalités. Une réclamation reste possible après la mise en recouvrement, mais la charge de la preuve pèse alors en principe sur le contribuable, qui doit démontrer le caractère exagéré de l’imposition.

Troisième situation : l’envoi d’observations

Le contribuable a le droit de contester tout ou partie des rectifications en présentant des observations écrites. Il peut se faire assister par le conseil de son choix, par exemple un avocat, qui l’aide à réunir les éléments de preuve et à identifier les règles de droit et la jurisprudence pertinentes.

L’administration doit répondre aux observations du contribuable, de manière motivée lorsqu’elle les rejette, en principe par un document intitulé « réponse aux observations du contribuable ». Dans le cadre de la vérification de comptabilité de certaines petites et moyennes entreprises, elle dispose de soixante jours pour répondre ; à défaut, les observations sont réputées acceptées (article L57 A du LPF).

Les voies de recours

D’autres voies existent en cas de désaccord persistant. Selon les cas, et avec l’aide d’un avocat, elles peuvent permettre de faire valoir à nouveau ses arguments, voire d’obtenir l’abandon de tout ou partie des rectifications.

Le recours hiérarchique

Le contribuable peut demander à rencontrer le supérieur hiérarchique du vérificateur. Les modalités de ce recours sont en principe rappelées dans la proposition de rectification et dans la charte des droits et obligations du contribuable vérifié. Ce recours ouvre un nouveau dialogue, sans garantir l’abandon du redressement : c’est avant tout une nouvelle occasion d’argumenter.

La saisine de l’interlocuteur départemental

Si des désaccords subsistent après le recours hiérarchique, le contribuable peut solliciter l’interlocuteur départemental, désigné par la direction des services fiscaux. Il apporte un nouveau regard sur le dossier et peut, le cas échéant, faciliter son déblocage.

La saisine de la commission départementale

Pour certains désaccords, principalement sur des questions de fait, le contribuable peut demander la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires (ou, pour certaines questions de valeur, de la commission départementale de conciliation). Les impositions ne sont en principe mises en recouvrement qu’après l’avis de la commission.

Composée de représentants de l’administration et de contribuables, la commission entend les arguments du contribuable, qui peut se faire représenter par son avocat, puis rend un avis que l’administration n’est pas tenue de suivre. Elle n’est compétente que dans certains domaines.

La demande de remise gracieuse des pénalités

Une demande de remise gracieuse ne conteste pas le bien-fondé des rectifications : elle sollicite une remise ou une modération des pénalités (majorations, amendes). Elle est adressée au service des impôts qui a établi l’imposition, qui l’apprécie librement.

Lorsque la remise envisagée dépasse 200 000 €, la décision relève du ministre chargé du budget, après avis du comité du contentieux fiscal, douanier et des changes.

Chaque dossier étant particulier, le cabinet peut vous assister dans la réponse à la proposition de rectification et dans l’exercice de ces recours.

FAQ

Quel est le délai pour répondre à une proposition de rectification ?

En principe trente jours à compter de sa réception. Ce délai est prorogé de trente jours lorsque le contribuable en fait la demande avant son expiration (article L57 du LPF).

Que se passe-t-il en l’absence de réponse ?

L’absence de réponse dans le délai vaut en principe acceptation tacite des rectifications. Une réclamation reste possible après la mise en recouvrement, mais la charge de la preuve pèse alors en principe sur le contribuable, qui doit démontrer le caractère exagéré de l’imposition.

Accepter la proposition empêche-t-il toute contestation ultérieure ?

Pas nécessairement : une réclamation reste en principe possible dans les délais légaux, mais le contribuable doit alors démontrer que l’imposition est exagérée. L’intérêt d’accepter ou de contester s’apprécie donc au cas par cas, idéalement avec un avocat.

À lire aussi

3 commentaires

Commentaires publiés de 2018 à 2022 : la réglementation a pu changer depuis.

  1. alain money 13 avril 2018 à 6h38

    J' ai depuis 2019 un rectificatif de patrimoine : Succession ou j ai déclaré 2 appartements
    inférieur a leur valeur malgré mes courriers puis ceux d'un avocat fiscaliste ,ils maintiennent
    leur position ainsi que les pénalités soit 125000€+ 9000€ pénalités que puis je faire :
    demander une complaisante pour les majorations s'ils n'acceptent pas et bien aller en procédure est ce la meilleure solution ?
    Avec mes remerciements pour votre réponse

  2. H03 15 février 2020 à 6h43

    bonjour,
    étant en microentreprise, ayant comme fournisseur Belge, je reçois mes factures notées "exception de TVA" donc chacune d'entre elles sont payées H.T. et bien sûr je facture mes clients également en H.T. avec la mention légale du code du CGI.
    actuel j'ai un contrôle fiscal et on me parle de payer la TVA sur les 3 dernières années (2019 – 2020 – 2021) plus 8 mois c'est à dire jusqu'en août 2022.
    je voulais savoir si j'ai un recours, j'étais complètement dans l'ignorence à ce sujet, j'étais resté sur l'idée de microentreprise = exonoration de TVA.
    au secours à 69 ans, étant déjà en budget restreint, l'avenir me fait très peur.
    merci d'avance pour vos réponses
    bien cordialement

  3. Manu3364 14 septembre 2022 à 11h42

    Bonjour Maitre,
    Je n ai pas déclarer mes impots de l annee precedente, malgres la mise en demeure recu il y a un mois et demi. J ai recu aujourd'hui une proposition de rectification. Or, le montant de l impot qui m ai demandé est exorbitant (hors pénalitées) par rapport a mes impositions des annees précedentes. Je voudrais savoir si ce montant demandé est seulement calculé sur mes revenues de l année précédente ou si ma situation de père de famille avec enfants a charge est prise en compte ? Car de non imposable les annees précédentes on me demande a ce jour 1900€ pour l année dernère (hors majorations et pénalités)
    Cordialement

Les commentaires sont fermés. Pour une question sur votre situation, utilisez le formulaire de contact.

Besoin d’aide ?

CONTACTER LE CABINET

Avis clients

Avis publiés sur Google

Excellent accompagnement de Maître Uzan. Très professionnel, disponible et clair dans ses conseils, notamment pour ma première déclaration fiscale en France après de nombreuses années à l'étranger. Dossier parfaitement suivi. Je recommande vivement.

Avis Googleaoût 2026

Très satisfait de l'accompagnement de cet avocat fiscaliste pour la régularisation de mes comptes à l'étranger. Professionnel, compétent et à l'écoute, il a su m'expliquer clairement les démarches et m'accompagner avec sérieux tout au long du processus. Je recommande vivement ses services !

Avis Googleaoût 2026

Je suis venu consulter Maître Uzan pour une question fiscale en apparence assez simple, mais qui me préoccupait depuis un certain temps. Il m'a apporté une réponse claire, précise et rassurante. Je recommande vivement cette consultation à toute personne ayant des interrogations fiscales : plutôt que de chercher pendant des heures sur Internet, il est beaucoup plus utile de consulter un professionnel. On obtient une réponse adaptée à sa situation, ce que internet ou l'IA ne peuvent pas fournir.

Avis Googlejuillet 2026

Je souhaite partager mon expérience avec Maître Uzan, que j'ai découvert en ligne sans recommandation préalable. La clarté de son site et la présentation de son expertise m'ont immédiatement inspiré confiance. Dès notre premier échange, j'ai été rassurée par son professionnalisme, sa qualité d'écoute et sa maîtrise des enjeux. Je lui ai donc confié un dossier complexe lié à des comptes à l'étranger. En l'espace de deux mois, la situation a été entièrement régularisée. Maître Uzan a su en assurer l'analyse, piloter l'ensemble des démarches, prendre en charge les formalités nécessaires et conduire les échanges ainsi que les négociations avec l'administration fiscale avec rigueur et efficacité, aboutissant à un résultat très satisfaisant. Dans la continuité, il est également intervenu sur ma déclaration fiscale 2025, traitée dans des délais particulièrement rapides, avec la même exigence. Réactif, disponible et précis, les échanges ont toujours été fluides et constructifs (par téléphone et mails).

Avis Googleavril 2026

Deux expériences très bonnes avec Maître Marc Uzan. Compétent, disponible et efficace. Tout a pu être réglé à distance dans deux affaires personnelles concernant le droit international (France -Allemagne). Visios, mails : échange courtois et précis. On a avancé très rapidement. Je recommande chaleureusement.

Avis Googlejanvier 2026

Excellent conseil, particulièrement réactif et très pédagogue. Je ne peux que recommander chaudement !

Avis Googledécembre 2025

J'ai eu la chance d'être accompagnée par Maître Uzan dans le cadre d'une succession internationale entre la France et les États-Unis, et je ne peux que le remercier chaleureusement pour son aide précieuse. Dans une période déjà émotionnellement difficile, il a su faire preuve d'une grande écoute, d'empathie et d'un professionnalisme irréprochable. Il a rendu compréhensibles des démarches fiscales complexes, en tenant compte à la fois des enjeux familiaux et des spécificités des deux systèmes (français et américain). Grâce à lui, tout s'est déroulé de manière fluide et sereine. Un avocat humain, compétent et engagé – je le recommande de tout cœur.

Avis Googleoctobre 2025

Il y a un an nous recevions un courrier du fisc sur des comptes étrangers. Après de nombreux échanges où nous avons donné au fisc tout ce qu'il demandait et montré notre bonne foi, rien n'y a fait. Il a fallu prendre un avocat et là comme par magie les choses ont été différentes...Il est bien dommage de devoir en arriver là pour faire valoir ses droits. En tout cas nous remercions Me Uzan pour son accompagnement et pour avoir trouvé un terrain d'entente avec le fisc, nous sommes soulagés que tout ca se termine.

Avis Googlejuillet 2024

Monsieur UZAN est un expert dans le domaine de la fiscalité, il maîtrise son sujet. Sa connaissance et son professionnalisme sont rares dans ce domaine. Merci.

Avis Googleoctobre 2024

J'ai bénéficié de conseils pertinents et précis au niveau de la fiscalité de mes activités ; questions à propos desquelles je n'avais par ailleurs jamais trouvé de réponse. Je commençais à m'inquiéter car les enjeux étaient importants et il fallait que la situation s'apaise en se clarifiant. Tout est devenu limpide et je peux à présent avancer sereinement. Je recommande Me Uzan pour son professionnalisme et sa courtoisie.

Avis Googlefévrier 2024

Nous avons eu la mauvaise surprise de recevoir une "proposition de rectification" (contrôle fiscal) en fin d'année. Après avoir essayé de discuter avec le contrôleur j'ai vite compris qu'il était indispensable de se faire accompagner par un avocat car il n'est malheureusement pas possible d'échanger de manière constructive en cas de contrôle. L'erreur était flagrante et Me Uzan a réussi à donner les bons arguments. Résultats : quasiment tout a été annulé. J'ai aussi fait appel à son expertise pour notre retour en France et il a été de très bons conseils.

Avis Googlefévrier 2023

La contrôleuse ne voulait pas entendre nos explications depuis plus d'un an et grâce à Maître Uzan le dossier a pu être clôturé rapidement.

Avis Googledécembre 2023

Maître Uzan a su apporter des réponses claires et rapides à mes questions. Sa réactivité et ses explications m'ont permis d'avancer sereinement dans mes affaires. Je le recommande vivement !

Avis Googleseptembre 2021

M. Uzan nous a accompagné durant près d'un an dans notre dossier de compte étranger. Il a été disponible et son expertise dans ce domaine nous a permis de traverser cette épreuve très stressante.

Avis Googledécembre 2021

Voir tous les avis sur Google →

CONTACT

Contacter le cabinet

Rendez-vous en français ou en anglais, au cabinet (Paris 9e) ou en visio.

Me Marc Uzan, avocat fiscaliste à Paris

Marc Uzan, avocat fiscaliste

Maître Marc Uzan est avocat fiscaliste au Barreau de Paris depuis 2008 et pratique la fiscalité depuis 2005.

Il reçoit ses clients et travaille en français comme en anglais.

Il est diplômé du Master de fiscalité de l’Université Paris XII, diplômé de l’ESSEC et titulaire du DSCG (diplôme supérieur de comptabilité et de gestion).

Avant de créer son propre cabinet d’avocat, il a travaillé dans de grands cabinets d’avocats internationaux.

Il assiste les particuliers et les sociétés en matière de successions internationales, de fiscalité internationale, de contrôle fiscal, de comptes étrangers, de retour en France (régime d’impatriation), de départ de France (expatriation fiscale), de contentieux fiscal, de négociation avec l’administration fiscale, de recours devant les tribunaux, de RSU, stock-options et attributions gratuites d’actions, de biens immobiliers étrangers, de revenus étrangers, de déclarations fiscales, d’impôts locaux et de planification fiscale.

Il a géré plus de 300 contrôles fiscaux, plus de 250 procédures de comptes étrangers, et plus de 200 recours devant les tribunaux fiscaux.

Découvrir le cabinet →