Depuis plusieurs années, la coopération fiscale internationale s’est considérablement renforcée. Après la Suisse, de nombreux États, dont Israël, transmettent désormais automatiquement à l’administration française des informations sur les comptes financiers détenus par des résidents de France.
Pour un résident fiscal français qui détient en Israël des comptes bancaires, des contrats d’assurance-vie ou des biens immobiliers sans les avoir déclarés, la question d’une régularisation peut donc se poser. Cet article présente les règles françaises applicables ; il ne traite pas de la fiscalité israélienne, pour laquelle un professionnel local peut être consulté.
En bref
- Israël participe à l’échange automatique d’informations financières (norme CRS) : l’administration française reçoit des informations sur les comptes détenus en Israël par des résidents de France.
- Un résident fiscal de France doit en principe déclarer chaque année ses comptes ouverts à l’étranger et les revenus qu’ils produisent.
- En cas de comptes non déclarés, l’administration peut en principe remonter sur dix ans pour l’impôt sur le revenu.
- Depuis 2018, les régularisations relèvent du droit commun : il n’existe plus de barème de pénalités allégé.
- L’opportunité et les modalités d’une régularisation s’apprécient au cas par cas, avec un avocat.
Sommaire
L’échange d’informations entre la France et Israël
La France et Israël sont liés par une convention fiscale qui comporte une clause d’assistance administrative permettant l’échange de renseignements sur demande. Israël participe en outre à l’échange automatique d’informations relatives aux comptes financiers (norme commune de déclaration de l’OCDE, dite CRS) : l’administration française reçoit ainsi chaque année des informations sur les comptes détenus en Israël par des résidents de France (identité du titulaire, solde, revenus).
Le terme « avoirs » est large. Sont principalement concernés les comptes bancaires (comptes courants, comptes d’épargne), les comptes-titres, les contrats d’assurance-vie et les biens immobiliers situés en Israël. Le fonctionnement de cet échange est détaillé dans l’article sur l’échange automatique des données bancaires.
Les obligations déclaratives en France
Un résident fiscal de France est en principe imposable en France sur l’ensemble de ses revenus, y compris ceux de source israélienne, sous réserve des règles prévues par la convention fiscale franco-israélienne pour éviter une double imposition. Il doit en outre, en principe, déclarer chaque année les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger, ainsi que les contrats d’assurance-vie souscrits hors de France (formulaire 3916-3916-bis).
Les biens immobiliers situés en Israël entrent par ailleurs en principe dans le patrimoine taxable à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) lorsque la valeur nette du patrimoine immobilier du foyer dépasse 1,3 million d’euros.
Jusqu’où le fisc peut-il remonter ?
Pour l’impôt sur le revenu, le délai de reprise est en principe de trois ans. Il est toutefois porté à dix ans lorsque des comptes bancaires ou des contrats d’assurance-vie détenus à l’étranger n’ont pas été déclarés, quel que soit l’État concerné, sauf si le total des soldes créditeurs n’a pas excédé 50 000 € au cours de l’année (article L169 du Livre des procédures fiscales, LPF).
En cas de régularisation ou de contrôle, l’administration peut donc en principe remettre à la charge du contribuable l’impôt éludé sur une période pouvant atteindre dix ans, avec l’intérêt de retard et des pénalités qui varient selon la situation. Pour l’IFI, qui a remplacé l’ISF en 2018 et ne vise que le patrimoine immobilier, le délai de reprise peut aussi, dans certains cas, être porté à dix ans. Ces règles sont détaillées dans la page consacrée au contrôle fiscal des comptes étrangers.
Les sanctions encourues
Selon les cas, la non-déclaration de comptes détenus à l’étranger peut notamment entraîner :
- une amende de 1 500 € par compte non déclaré et par année (10 000 € pour un compte situé dans un État ou territoire n’ayant pas conclu avec la France de convention d’assistance administrative permettant l’accès aux renseignements bancaires) ;
- une majoration de 80 % des droits rappelés à raison des sommes figurant sur un compte non déclaré, qui se substitue alors à l’amende par compte (article 1729-0 A du CGI) ;
- dans certains cas, l’imposition des avoirs dont l’origine n’est pas justifiée aux droits de mutation à titre gratuit au taux de 60 % (articles L23 C du LPF et 755 du CGI) ;
- dans les cas les plus graves, des poursuites pénales pour fraude fiscale aggravée.
L’origine des fonds (héritage, donation, épargne déjà imposée ou revenus professionnels non déclarés) est déterminante pour apprécier les impositions et pénalités encourues : des avoirs hérités, dont seuls les revenus n’ont pas été déclarés, n’appellent en principe pas le même traitement que des sommes provenant d’une activité non déclarée. Le détail des amendes figure dans l’article sur les amendes en cas de non-déclaration de compte à l’étranger.
Régulariser : dans quelles conditions ?
Depuis la fermeture du service de traitement des déclarations rectificatives (STDR) le 31 décembre 2017, il n’existe plus de barème de pénalités allégé propre aux avoirs détenus à l’étranger : les régularisations relèvent du droit commun. Une régularisation spontanée, présentée avant toute procédure de contrôle et accompagnée d’un dossier complet et sincère, peut néanmoins, selon les cas, constituer une solution et ouvrir une discussion avec l’administration sur les pénalités. Les modalités sont présentées dans l’article sur la demande de mise en conformité fiscale.
L’échange automatique d’informations rendant la détection de plus en plus probable, il peut être utile d’examiner la question sans attendre une éventuelle demande de l’administration. Chaque situation étant particulière, l’opportunité d’une régularisation et ses modalités méritent d’être analysées avec un avocat.
Ce que je vois dans mes dossiers
Israël fait partie des pays qui reviennent régulièrement dans mes dossiers de comptes à l’étranger. Que la régularisation soit spontanée ou fasse suite à une demande de l’administration, je ne constate pas de grande différence de traitement, même si l’administration peut se montrer un peu plus clémente dans le premier cas. Les relevés bancaires finissent en général par être obtenus, parfois après plusieurs relances. Sur l’origine des fonds, ce sont les dons qui posent le plus de difficultés à justifier.
FAQ
L’administration française est-elle informée des comptes détenus en Israël ?
En principe oui : Israël participe à l’échange automatique d’informations relatives aux comptes financiers (norme CRS), et l’administration française reçoit chaque année des informations sur les comptes détenus en Israël par des résidents de France.
Sur combien d’années un compte non déclaré peut-il être redressé ?
Pour l’impôt sur le revenu, le délai de reprise est en principe porté à dix ans en cas de compte détenu à l’étranger non déclaré, sauf si le total des soldes créditeurs n’a pas excédé 50 000 € au cours de l’année.
Existe-t-il encore un dispositif de régularisation spécifique ?
Non : le dispositif dit STDR a fermé fin 2017. Les régularisations relèvent depuis du droit commun, sans barème de pénalités allégé ; une discussion avec l’administration reste toutefois possible selon les cas.






10 commentaires
Commentaires publiés de 2014 à 2024 : la réglementation a pu changer depuis.
Ad87 30 mai 2014 à 19h48
Quand y aura t il divulgation des comptes ? Merci.
Yo75 11 juin 2016 à 11h17
Bonjour Maître a-t-on une idée de la date à laquelle Israel va vraiment commencer à divulguer les comptes ?
Dav 23 décembre 2016 à 11h55
je crois que les echanges concrets d infos sont prévus pour 2018
Babona 17 février 2017 à 10h19
Merci pour cet article clair, je vais prendre contact avec vous.
Dan 18 avril 2018 à 12h34
Je suis français mais je vis plus de la moitié du temps en Israel suis-je concerné ?
RalphTerratona 8 juin 2019 à 23h04
Bonjour la banque en israel veut me faire signer des tonnes de papiers et bloque mes comptes je ne peux faire que des retraits minables pouvez vous agir ?
PM 14 octobre 2021 à 21h00
pourtant la convention france israel prevoit depuis longtemps des echanges d'informations
yjghjbjh 22 décembre 2021 à 5h53
Quel est le montant des pénalités en cas de regul spontanée ?
YanG 18 août 2023 à 7h44
Y a t il un moyen d echapper à ca ? Par exemple l'art est il concerné ? tableaux etc???
PaulHarib75 1 mars 2024 à 3h19
Bonjour est-ce que la banque d'Israel va se charger de centraliser toutes les infos ou chaque établissement individuellement de sa propre responsabilité.?
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