Depuis l’imposition des revenus de 2025, les foyers aux revenus les plus élevés peuvent devoir une contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), qui vise à leur assurer une imposition minimale de 20 %. Les détenteurs de crypto-monnaies sont directement concernés : une plus-value importante, imposée au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % d’impôt sur le revenu, peut faire franchir les seuils.
Cet article présente la CDHR, son calcul, la question des plus-values sur crypto-monnaies et l’acompte de décembre, avec un exemple chiffré. Chaque situation mérite d’être analysée, idéalement avec un avocat, de préférence avant la fin de l’année.
En bref
- La CDHR vise une imposition minimale de 20 % des foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ; seuls les résidents fiscaux de France sont en principe concernés.
- Instaurée pour les revenus de 2025, elle a été reconduite par la loi de finances pour 2026 jusqu’à ce que le déficit public repasse sous 3 % du PIB.
- Elle est égale, en principe, à la différence entre 20 % du revenu retenu et l’impôt déjà dû (impôt sur le revenu, CEHR…), après certaines majorations et une décote.
- Les revenus exceptionnels ne sont retenus que pour un quart de leur montant ; une plus-value importante sur crypto-monnaies peut, selon les cas, relever de cette notion.
- Un acompte égal à 95 % de la contribution estimée est en principe versé entre le 1er et le 15 décembre de l’année des revenus, sous peine de majoration en cas de défaut ou d’insuffisance.
Sommaire
Qu’est-ce que la CDHR ?
La contribution différentielle sur les hauts revenus s’ajoute à l’impôt sur le revenu et à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR). Elle concerne les contribuables fiscalement domiciliés en France dont le revenu fiscal de référence, retraité selon des règles propres, dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune. Les non-résidents n’y sont en principe pas soumis.
Créée par la loi de finances pour 2025 pour les seuls revenus de 2025, elle a été reconduite par la loi de finances pour 2026 jusqu’à ce que le déficit public repasse sous 3 % du produit intérieur brut. Pour les revenus de 2026 et des années suivantes, la loi de finances pour 2026 a aménagé son calcul, notamment pour ne retenir que le quart de la CEHR afférente aux revenus exceptionnels et pour neutraliser certaines réductions d’impôt, comme celle accordée au titre des dons.
Comment la CDHR est-elle calculée ?
La CDHR est en principe égale à la différence, si elle est positive, entre :
- d’une part, 20 % du revenu fiscal de référence retraité, dans lequel les revenus exceptionnels ne sont retenus que pour un quart de leur montant ;
- d’autre part, la somme de l’impôt sur le revenu, de la CEHR et de certains prélèvements libératoires, majorée de 12 500 € pour un couple soumis à imposition commune et de 1 500 € par personne à charge.
Une décote réduit la contribution des foyers dont le revenu retraité reste proche du seuil :
| Situation | Revenu retraité concerné | Montant retenu à la place de 20 % du revenu |
|---|---|---|
| Personne seule | Jusqu’à 330 000 € | 82,5 % de la fraction du revenu retraité qui dépasse 250 000 € |
| Couple soumis à imposition commune | Jusqu’à 660 000 € | 82,5 % de la fraction du revenu retraité qui dépasse 500 000 € |
Plus-values sur crypto-monnaies : des revenus exceptionnels ?
Les revenus exceptionnels sont ceux qui, par nature, ne sont pas susceptibles d’être perçus chaque année et dont le montant dépasse la moyenne des revenus nets des trois années précédentes. Ils ne sont retenus que pour un quart de leur montant, ce qui peut éviter qu’un revenu ponctuel fasse, à lui seul, franchir le seuil de la CDHR.
Une plus-value réalisée ponctuellement par un particulier sur des crypto-monnaies semble pouvoir relever de cette notion, mais sa qualification dépend des faits et n’est pas acquise dans tous les cas. Elle ne s’appliquerait en principe pas à des gains tirés d’une activité professionnelle, imposés dans une autre catégorie (voir l’article sur la frontière entre particulier et professionnel).
Un exemple chiffré
Paul, célibataire, résident fiscal de France, sans autre revenu notable, réalise en 2025 une plus-value de 900 000 € sur des crypto-monnaies, imposée au prélèvement forfaitaire unique. Le calcul est simplifié (sans décote, personne à charge ni autre revenu) :
| Élément | Si la plus-value n’est pas un revenu exceptionnel | Si elle est un revenu exceptionnel |
|---|---|---|
| Revenu retenu pour la CDHR | 900 000 € | 225 000 € (un quart) |
| Seuil de 250 000 € dépassé ? | Oui | Non |
| 20 % du revenu retenu | 180 000 € | — |
| Moins l’impôt sur le revenu (12,8 % de 900 000 €) | − 115 200 € | — |
| Moins la CEHR (3 % × 250 000 € + 4 % × 400 000 €) | − 23 500 € | — |
| CDHR | 41 300 € | 0 € |
L’enjeu de la qualification peut donc être important. Il mérite d’être examiné avant le versement de l’acompte de décembre, idéalement avec un avocat.
L’acompte de décembre
Un acompte égal à 95 % de la CDHR estimée est en principe versé entre le 1er et le 15 décembre de l’année de perception des revenus (en décembre 2025 pour les revenus de 2025, en décembre 2026 pour ceux de 2026), sur la base des revenus perçus jusqu’au 1er décembre et d’une estimation de ceux de décembre. Une majoration de 20 % s’applique en principe en cas de défaut ou de retard de paiement, ou lorsque l’acompte versé est inférieur de plus de 20 % au montant attendu. Le solde est réglé avec l’impôt sur le revenu de l’année suivante.
CDHR et CEHR : quelles différences ?
| Critère | CEHR | CDHR |
|---|---|---|
| Objet | Contribution additionnelle de 3 % ou 4 % sur la fraction du revenu qui dépasse les seuils | Imposition minimale de 20 % du revenu retraité |
| Seuils | 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) | 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) |
| Personnes concernées | Contribuables imposables en France, y compris, selon les cas, des non-résidents | En principe, résidents fiscaux de France uniquement |
| Durée | Permanente | Jusqu’au retour du déficit public sous 3 % du PIB |
La CDHR combine plusieurs notions techniques : revenu retraité, revenus exceptionnels, décote, acompte. Ses effets sur une plus-value importante peuvent être significatifs, et la CEHR s’y ajoute. Une analyse avec un avocat, de préférence avant la fin de l’année, permet en général d’estimer la contribution et l’acompte.
FAQ
Qui est concerné par la CDHR ?
En principe, les foyers fiscalement domiciliés en France dont le revenu fiscal de référence retraité dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple, et dont l’imposition reste inférieure à 20 % de ce revenu.
Une plus-value importante sur des crypto-monnaies entraîne-t-elle forcément la CDHR ?
Non. Si elle constitue un revenu exceptionnel, elle n’est retenue que pour un quart de son montant, ce qui peut maintenir le foyer sous le seuil. Sa qualification dépend des faits et mérite d’être analysée.
La CDHR s’applique-t-elle aux non-résidents ?
En principe non : seuls les contribuables fiscalement domiciliés en France y sont soumis. Les non-résidents peuvent en revanche, selon les cas, être redevables de la CEHR.
Quand l’acompte est-il versé ?
En principe entre le 1er et le 15 décembre de l’année de perception des revenus, pour 95 % de la contribution estimée ; le solde est réglé l’année suivante avec l’impôt sur le revenu.
La CDHR est-elle temporaire ?
Elle a été reconduite par la loi de finances pour 2026 jusqu’à ce que le déficit public repasse sous 3 % du produit intérieur brut.
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